Beauté au naturel, éloge des rondeurs… un diktat reste un diktat

Alleluia ! A en croire la presse féminine ces derniers mois, les diktats beauté, c’est fin-ni ! Les filles « naturelles » (comprenez à peine maquillées) et les rondes seraient enfin considérées à leur juste valeur. Elles seraient même en train de (re)devenir « in ». On aurait donc enfin compris qu’être Gisele Bundchen n’est pas donné à tout le monde (parce que oui, en plus de quelques prédispositions génétiques, être un supermodel demande du temps et beaucoup de sacrifices…) ?

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Permettez moi d’en douter. Je lis partout que le succès de Jennifer Lawrence en serait la preuve. Mais – breaking news – Jennifer Lawrence est mince. Pas maigrissime, certes, mais absolument mince. Si elle mange ce qu’elle veut sans faire attention, comme elle le dit, alors elle a beaucoup de chance ! Plus que la plupart des femmes qui se privent pour avoir la même silhouette. Doit-on vraiment l’en féliciter ? Surtout, dit-on les mêmes choses de Melissa McCarthy, de Rebel Wilson ou de Lena Dunham, dont les corps sont réellement à l’opposé des standards hollywoodiens ? Non, je ne crois pas. Et je ne suis pas la seule à le penser, comme le montre cette tribune publiée par le Huffington Post. Manifestement, il y a ronde et ronde.

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Elle n’a peut-être pas choisi le meilleur exemple en la personne de Jennifer Lawrence mais la presse féminine n’en démord pas : plus besoin de passer des heures à se maquiller, se fringuer, surveiller sa ligne, etc… La mode est à la fille naturelle. Vous avez bien lu : la mode. Soyons clairs, s’il y a mode, il y a injonction à être d’une certaine manière et pas d’une autre, il y a donc diktat. Pendant longtemps, le diktat a été de ressembler à un supermodel à tous les instants de notre vie, aujourd’hui c’est d’être belle « au naturel » et surtout de S’AS-SU-MER. Y a-t-il vraiment un progrès ? Elodie Bousquet, du blog Mon aparté beauté, répond très bien à cette question : un diktat beauté reste un diktat beauté, même s’il se veut décomplexant.

Qui plus est, ce nouveau diktat n’est pas réellement décomplexant. Il place une aura de suspicion sur les femmes minces (car oui, il existe des femmes naturellement minces qui ne font pas spécialement attention à ce qu’elles avalent) et à celles qui aiment les fringues et le maquillage (car oui, les femmes ne se font pas belles uniquement pour plaire aux hommes. Il y a un plaisir très personnel à « prendre soin de soi », c’est aussi amusant. Et quand bien même ça serait pour les autres, se présenter sous son meilleur jours face à interlocuteur est aussi une marque de respect et de considération, non ?). Et je ne parle pas de toutes ces femmes complexées privées d’un coup du droit de l’être !

Ce « body shaming » d’un genre nouveau (désolée pour l’anglicisme mais les Américains sont en avance sur la question) atteint des sommets chez les rappeuses et les chanteuses RnB comme Nicky Minaj ou encore Meghan Trainor, dont les titres et les propos valorisent un corps différent, plus « pulpeux ». L’intention est louable, la forme hélas trop souvent dérangeante. Le titre « Anaconda » de Nicky Minaj en est le meilleur exemple :

Il oppose copieusement et violemment les femmes minces et les femmes « à gros cul ». Morceaux choisis : « My anaconda don’t want none unless you got buns hun / Yeah, this one is for my bitches with a fat ass in the fucking club / Fuck those skinny bitches » (en VF : « Mon anaconda ne veut pas pas de toi à moins que tu aies de bonnes miches chérie / Ouais, cette chanson est pour toutes les salopes à gros cul dans ce putain de club / Pétasses maigres, allez vous faire foutre »). Et bim, une bonne dose de « body shaming » pour toutes les nanas que la nature n’a pas dotées d’un gros cul et qui ne peuvent donc pas twerker proprement !

Est-il vraiment si compliqué de délivrer un message positif et décomplexant à TOUTES les femmes quel que soit leur corps, plutôt que d’opposer artificiellement grosses et maigres, gros culs et petits culs, gros seins et petits seins dans une espèce de guerre pour être non seulement la plus belle, mais surtout la plus désirable pour les hommes ? (je me permets de rappeler ici que cette espèce de compétition infondée n’a pas cours chez ces messieurs, et que manifestement ils ne s’en sortent pas plus mal)

Comme le rappellent Naomi Wolf et Mona Chollet dans leurs livres « The beauty myth » et « Beauté fatale« , les diktats beauté imposés aux femmes sont autant de moyens d’occuper notre temps pour nous tenir éloignées des pouvoirs politique et économique, pour nous empêcher de lancer des débats constructifs afin d’améliorer notre condition. Ils permettent aussi de continuer à nous opposer les unes aux autres, alors que des femmes unies et solidaires auraient beaucoup moins de mal à se faire entendre. Finalement, je vais être d’accord avec la presse féminine sur un point : vivement la fin des diktats beauté !

R.

Lettre à mon mec, à mes potes et à tous les hommes non-sexistes de la Terre

« Je ferais jamais un truc pareil moi, je me sens pas concerné. »

Voilà, alors ça c’est ce que mon mec, mon père, mes potes, mes collègues au boulot me disent super souvent. Et ils ont raison. Jamais mon mec n’a tenu de propos sexiste devant moi, jamais il n’est parti du principe que je devais plus faire le ménage que lui, de même pour mon père qui ne comprendrait même pas qu’on puisse moins me considérer au boulot sous prétexte que je suis une femme, idem pour mes potes qui trouvent hallucinant que je me fasse régulièrement insulter dans la rue ou dans le métro.

Conclusion, les hommes dans ma vie ne sont pas sexistes, pas paternalistes (sauf mon père, mais ça se tient), ils évitent sagement le mansplaining et tutti. Pourtant, ils ne se sentent pas concernés par le féminisme, justement parce qu’ils ne sont ni victimes ni auteurs du sexisme.

Alors aujourd’hui, en cette jolie journée d’hiver, les copains (et Papa), je vais vous expliquer pourquoi vous êtes concernés par le féminisme au même titre que moi :

  • Le sexisme de certains hommes ou femmes (soupir) a un impact sur vous. Il VOUS fait passer pour des machos, vous tous les autres hommes, si vous ne dites rien.
  • Ne rien faire, ne rien dire, ne pas se sentir concerné, excuse ce genre de comportements ou de discours. Il diminue considérablement la portée et la gravité de tout acte sexiste.
  • C’est en s’y mettant tous ensemble que ces comportements sexistes cesseront. Si seules les féministes se mobilisent, leurs actions apparaissent comme le fait d’une minorité et ainsi les marginalisent, alors même que vous êtes tout aussi scandalisés que moi de voir des femmes se faire insulter dans la rue, de savoir que votre mère est moins payée que son collègue alors qu’elle a autant d’expérience que lui ou encore de savoir que votre coloc va probablement avoir beaucoup de mal à obtenir une IVG.

C’est pour toutes ces raisons que le féminisme vous concerne, nous vivons ensemble en société et c’est à nous conjointement d’agir pour que la situation s’améliore.

Et si ça ne suffit pas à vous convaincre, je vous suggère de regarder le bébé lapin ci-dessous. Ses petits yeux vous demandent de passer à l’action.

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Pour aller plus loin sur le sujet, l’article de R. ici s’avère être une très bonne lecture complémentaire.

#3 Revue de web féministe

Le Ciel, le féminisme et ta mère a encore lu plein d’articles intéressants, regardé des vidéos et des infographies.

Voici ce que nous avons retenu du web féministe durant les deux semaines écoulées :

Au Mali, des victimes des violences sexuelles portent enfin plainte. C’est sur Terriennes de TV5 Monde, une émission à suivre qui a une page Facebook par ici si vous souhaitez suivre leurs actus.

Le témoignage de Laurence Noëlle, ancienne prostituée, qui rappelle que oui la prostitution doit être abolie.

Toujours sur la prostitution, notre amie C. vous suggère une lecture en anglais pour comprendre comment nos amis suédois ont procédé.

A l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes, le Parlement européen livre une infographie chiffrée des violences en Europe. Ce n’est pas très réjouissant mais il est essentiel que ces chiffres soient plus connus.

Toujours dans la rubrique « histoire », un article du Monde revient sur l’anniversaire du vote de la loi pour autoriser l’IVG et sur le débat actuel.

Arte a diffusé un documentaire sur les femmes ne souhaitant pas avoir d’enfants. Parce qu’être féministe c’est aussi accepter que certaines femmes n’aient pas envie de devenir mères.

A toutes fins utiles pour ceux / celles qui auraient raté la mise en ligne de Macholand, c’est par ici.

« Tiens-toi droite », enfin un film français féministe !

Ce mercredi sort « Tiens-toi droite », de Katia Lewkowicz, enfin un film français qui se revendique ouvertement féministe ! Un positionnement bienvenu quelques mois après la polémique autour de la promo de « Sous les jupes des filles » d’Audrey Dana.

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Crédit photo © Céline Nieszawer

Comme nous, Katia Lewkowicz en a marre de ces films qui racontent des histoires de femmes et uniquement de femmes mais qui, surtout, « ne sont pas féministes », comme si c’était un gros mot. « Il est temps que le cinéma s’empare des histoires des femmes », clame-t-elle, « ne serait-ce que parce les femmes sont la moitié des spectateurs ».

Alors, dans son deuxième long métrage, la réalisatrice met en scène des femmes comme vous et moi, une dose de surréalisme en plus. Marina Foïs, ambitieuse au travail, Noémie Lvovsky, mère débordée de trrrrèèèès nombreuses petites filles, et Laura Smet, Miss Nouvelle-Calédonie déracinée, se rencontrent autour d’un improbable (et irréalisable ?) objectif: créer un nouveau modèle de poupée qui sera, enfin, à l’image de la Femme, la vraie.

Au fil des parcours souvent loufoques, parfois gênants de ses héroïnes et de leurs proches, Katia Lewkowicz livre un film extrêmement dense, très expérimental, dans lequel le risque de se perdre guette parfois le spectateur. Mais l’essentiel est ailleurs. En filigrane, c’est un tableau de la condition féminine qu’elle dresse, et elle le revendique.

« Je voulais faire un film féministe mais un film qui s’attaque à des choses sur lesquelles nous pouvons agir », explique la réalisatrice. « Pas au sexisme qui s’impose à nous mais à toute cette pression, ces injonctions que nous nous imposons à nous mêmes: avoir un corps parfait, réussir professionnellement, être une super mère de famille… Je voulais évoquer les 70 femmes différentes que nous sommes et nous imposons d’être. C’est le sens du titre ‘Tiens-toi droite’. Il nous faut nous réapproprier cette injonction, se tenir droites, se montrer fières ». En assumant ses ambitions, en trouvant le courage de parler pendant les réunions de travail, en acceptant de ne pas toujours assurer sur tous les plans, en se serrant les coudes entre femmes ou encore en jouant des parties de basket endiablées (pour comprendre, allez donc voir le film !)…

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Crédit photo © Céline Nieszawer

Ce parti-pris est l’une des indéniables qualités de « Tiens-toi droite ». Les films dont les principaux protagonistes sont des femmes sont assez rares comme ça. Ceux qui mettent des femmes à l’honneur oublient encore trop souvent les femmes « lambda » pour ne se concentrer que sur les « femmes de » ou les héroïnes à la Erin Brockovich. Evoquer notre quotidien est déjà féministe (n’est-ce pas « Sous les jupes des filles » ?!). Un film qui se revendique ouvertement féministe, qui interroge le spectateur sur la condition des femmes et sur les injonctions qu’elles subissent et s’imposent, dans le but d’enfin les dépasser, c’est encore mieux !

R.

#2 Revue de web féministe

Cette semaine, sur les Internets féministes, on a beaucoup parlé de la taxe rose, encore de harcèlement de rue, de Rue du commerce et d’un super bouquin:

Le collectif Georgette Sand a réussi à intéresser les pouvoirs public à la taxe rose,  un surcoût concernant les produits et services (de beauté surtout) destinés aux femmes. Il était temps !

L’émission Terriennes de TV5 Monde s’est penchée à son tour sur le harcèlement de rue et met en avant une vidéo, réalisée avec humour (la dernière de l’article).

Et parce qu’on peut être féministe et drôle, une autre vidéo sur le harcèlement de rue faite par Buzzfeed.

Madmoizelle.com a très bien expliqué pourquoi le nouveau coup marketing du site de vente en ligne Rue du commerce est affreusement sexiste, rétrograde et surtout pas drôle.

Last but not least, vous ne pouvez pas passer à côté de ce livre écrit par notre amie Charlotte Lazimi du blog Les Martiennes.

#1 Revue de web féministe

Parce qu’on ne sait jamais quoi faire le dimanche soir, voici quelques liens vers ce que nous avons lu et aimé ces derniers jours.

Le court-métrage Nikon « Je suis à l’heure » sur le viol, bien résumé par Madmoizelle, surtout pour celles et ceux qui ne souhaitent pas regarder le film en question.

Une autre vidéo, plus légère cette fois, sur les inégalités hommes femmes racontées par des petites gamines qui ne mâchent par leurs mots. La vidéo est passée en moins de 18 ans sur Dailymotion, dommage quand on sait qu’elle avait pour but de s’adresser à un public assez large…

Un article de Cheek Magazine sur la mystérieuse femme générale qui serait à la tête de la résistance à Kobané.

Enfin, un article de Madmoizelle, à nouveau, sur la culture du viol : à lire et à faire passer histoire de connaitre un peu sur quoi repose la culture du viol et comment elle s’exprime.

Bon dimanche féministe 🙂

C.

Messieurs, votre problème ça n’est pas le féminisme, mais le patriarcat !

Il est un discours qui a de plus en plus de résonance dans les médias et sur le web. Grossièrement, la montée du féminisme serait responsable des injustices croissantes que subissent les hommes, voire même ceux-ci seraient aujourd’hui plus discriminés que les femmes. Il y a dix ans, il n’était considéré que comme les élucubrations de types peu recommandables, j’ai nommé les masculinistes. Mais depuis les actions retentissantes d’associations comme SOS PAPA (les pères divorcés montés sur des grues pour réclamer la garde alternée, c’est eux), il est repris partout et par tout le monde, malheureusement avec trop peu d’esprit critique.

C’est qu’il y a maldonne – comme trop souvent – sur la définition du féminisme: on se battrait pour que les femmes aient plus de droits que les hommes. C’est faux ! Les féministes dénoncent un système d’organisation sociale, le patriarcat, qui se caractérise par des opportunités, parfois même des droits, plus importants pour les hommes. Il en résulte ce qu’on appelle la domination masculine: une société dans laquelle le pouvoir est détenu, à tous les niveaux, par les hommes. Cette inégalité se perpétue grâce à un ensemble d’idées reçues et de stéréotypes qui caractérisent femmes et hommes, de règles, de barrières sociales, de comportements-types qui s’imposent aux deux sexes. C’est ce qu’on appelle le sexisme. Les femmes en souffrent plus, d’où la nécessité de faire progresser leur condition, pour qu’elles et les hommes soient égaux en droits et aient les mêmes possibilités, les mêmes options dans la vie (il ne s’agit pas de transformer les femmes en hommes et vice-versa ou de n’avoir plus qu’un seul sexe, merci !). Voilà pourquoi on parle de féminisme.

Mais ATTENTION, les féministes n’ont jamais dit que les hommes ne souffraient pas eux aussi du patriarcat et du sexisme. Au contraire. Nous sommes parmi les premiers à déplorer que les hommes meurent plus jeunes, plus souvent de mort violente ou de maladies liées à l’alcool ou au tabac, qu’ils se suicident plus… Mettre fin au patriarcat et donc au sexisme, ce qui est l’objectif des féministes, leur serait donc bien utile à eux aussi, non ?

Il en va de même de ces « nouvelles » injustices que dénoncent les antiféministes. Elles ne sont pas la conséquence du féminisme et de sa supposée montée (franchement, je me déclare féministe au quotidien et je n’ai pas l’impression d’appartenir à la majorité, au politiquement correct), mais au contraire du patriarcat. Je m’explique, avec deux exemples:

– le premier, et le combat de SOS PAPA, est la garde des enfants. C’est vrai qu’aujourd’hui, dans l’immense majorité des cas (72,1% en France en 2010, un chiffre en baisse depuis des années, d’ailleurs, au profit de la résidence alternée qui met les parents sur un pied d’égalité – preuve que les féministes n’ont pas mis le grappin sur la justice), la garde est donnée à la mère en cas de divorce. Pourquoi ? Parce que, dans l’immense majorité des cas, le père ne la demande pas, tout simplement. Quand il la demande ou souhaite une garde alternée et que la mère n’est pas d’accord, se pose alors une question: qui dans le couple s’occupe le plus des enfants au quotidien, prend des jours de congé quand ils sont malades, s’occupe des rendez-vous médicaux ? Logiquement, c’est au parent le plus impliqué que devrait aller la garde. Or, ce parent est presque toujours la mère. Pourquoi ? Parce que la société est faite de telle manière que les mères ont plus les moyens de s’occuper de leurs enfants. On attend et on accepte d’une femme qu’elle sorte plus tôt du travail ou qu’elle s’absente ponctuellement à cause de ses enfants. Pour un homme, ça n’est pas la même histoire et, ça, c’est la faute du patriarcat !

– le second est celui des violences que subissent les hommes. En faisant des recherches pour une précédente note sur le sexisme sur YouTube, je suis tombée sur un YouTubeur en colère, Sam Pepper, qui regrettait qu’on en fasse autant sur les violences faites aux femmes par les hommes et aussi peu sur les violences faites aux hommes par les femmes. Un petit rappel statistique s’impose ici: les femmes sont trois fois plus souvent victimes de violences sexuelles que les hommes et parmi les hommes victimes de violences sexuelles beaucoup le sont par des hommes ; en 2012, en France, 146 personnes sont décédées, victimes de leur conjoint ou ex-conjoint, dont 121 femmes et 25 hommes ; en moyenne, une femme décède tous les 2,5 jours, victime de son conjoint ou ex-conjoint et un homme tous les 14 jours ; etc. Les chiffres expliquent à eux seuls cette différence de traitement. Sam Pepper pointe toutefois un fait intéressant: les hommes victimes de violences conjugales ou sexuelles ne sont pas toujours pris au sérieux, écoutés et protégés comme il se doit. Mais ça n’est pas, comme il le laisse entendre, la faute des féministes qui minimisent constamment la souffrance des « grands méchants hommes » (un rapide sondage dans les cercles féministes vous confirmera que nous sommes choqués par toutes les violences, quel qu’en soit l’auteur). Non, c’est encore la faute du patriarcat, qui laisse croire qu’un mec, un vrai, un homme digne de ce nom ne se laisserait jamais battre par une femme et que, quand bien même elle s’en prendrait à lui, il aurait forcément les moyens de se défendre.

Les féministes et ces antiféministes là devraient donc en toute logique se retrouver contre le patriarcat. Pourtant, ça n’est pas le cas. J’aimerais croire que, pour la plupart, ça n’est pas une question de mauvaise foi mais de désinformation. Je sais que je ne convaincrais pas les masculinistes purs et durs, ceux qui rejettent l’émancipation des femmes et refusent de les considérer d’égal à égale (si vous en voulez la preuve, jetez donc un oeil au film « La domination masculine » de Patric Jean) mais j’espère que ce billet pourra permettre d’y voir plus clair à ceux qui souscrivent un peu trop facilement à leur discours « officiel ».

R.