Faut-il être workaholic pour être une professionnelle crédible ?

Le ciel, le féminisme et ta mère a une nouvelle invitée ! Non contente d’avoir dessiné notre splendide bannière, Claire F. a aussi des choses à nous dire. On lui laisse la parole…

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L’hebdomadaire féminin gratuit Stylist, distribué notamment dans les transports en commun, est plutôt bien pensé. Et s’il fait la part belle à la mode et aux tendances maquillage et coiffure, il consacre aussi une page, chaque numéro, à « l’employée de la semaine ». Une fille qui s’épanouit dans son travail. Montrer des femmes qui se réalisent dans leur métier, c’est une bonne idée, quand on sait qu’elles gagnent encore 24% de moins que les hommes.

Le problème, c’est qu’à chaque fois, la fille ne fait que de bosser du matin jusqu’au soir, dès le petit déjeuner et jusqu’au coucher. Céline, formatrice chez L’Oréal, « passe (son) temps à courir, et ce dès 7h30 ». Sa journée finie, elle « rentre vidée », avec « juste un peu de force pour faire dîner les enfants ». Aïssa, animatrice radio, se réveille à 6h20, bosse à fond, mais tout de même, « »parfois (elle) trouve cinq minutes pour acheter un sandwich qu'(elle) mange devant (son) ordinateur ». Si elle termine à 16h, elle « décompresse » ensuite en bossant à nouveau sur des projets personnels, avant d’éteindre à 22h, « usée ». Lou, chasseuse de mannequins, « ne (se) repose que le dimanche, quand (elle) rejoint (son) copain qui vit à Londres ». Quant à Léa, conseillère municipale, sa journée infernale commence à 8h10 une fois sa fille déposée à la crèche, pour ne s’achever qu’à 23h, quand elle peut enfin rentrer chez elle. « Je suis sur les genoux », avoue-t-elle. Elle mange, elle dort, « et c’est reparti pour un tour ». L’exception dans tous ces plannings de quinze heures par jour, c’est Marianne, orfèvre, qui « arrête de travailler à 17h ». Mais elle en vient presque à se justifier : « Oui j’ai des horaires de bureau (cool) et j’y tiens ». D’autant qu’elle souffre de mal de dos à cause de son métier.

En filigrane, le message est : si vous voulez vous accomplir dans votre boulot, les filles, mettez les bouchées doubles, et trimez dur –en souriant, s’il-vous-plaît. On pourrait me rétorquer que certains hommes aussi font de grosses journées, qu’il n’y a rien de discriminant là-dedans. Sauf que je n’ai jamais lu de journée-type aussi dense pour un homme, sauf éventuellement un ministre, et encore, on dirait que c’est un coup de comm’. Chaque semaine, en lisant Stylist, j’ai la très désagréable impression qu’une femme doit dire qu’elle bosse 15 heures par jour pour être prise au sérieux en tant que professionnelle, alors qu’un homme n’aura jamais à dire ça pour qu’on le trouve crédible.

Oui, une fille peut être légitime dans son travail, mériter le label de bonne professionnelle, et ne pas enchaîner les heures sup. Ni plus ni moins qu’un homme.

 

PS: pour voter pour nous aux Golden Blog Awards, c’est par là.

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2 réflexions sur “Faut-il être workaholic pour être une professionnelle crédible ?

  1. Morel Nolwenn octobre 1, 2013 / 6:37

    Ô comme je partage cette analyse éclairée…Nous pouvons tout à fait être pro sans être des acharnées de boulot, surtout lorsqu’une deuxième vie nous attend le soir !

  2. Choubaka octobre 10, 2013 / 10:38

    Je suis tout à fait d’accord avec vous, mais pourquoi ce magazine choisit toujours le même type de profil???

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