Venez vibrer au stade (et sans casserole)

A l’heure où Bernard Lacombe, le très tolérant adjoint au président de l’Olympique Lyonnais, voudrait renvoyer les femmes fanas de foot à leurs casseroles, un supporter rennais de notre connaissance découvrait, lui, que des nanas dans les stades, ça n’est pas si mal.

Souvenez vous, dans la lignée des pubs pas toujours très inspirées lancées à l’occasion de la journée de la femme, le Stade Rennais proposait des tarifs réduits à ces dames. Une bonne initiative, mais qui aurait gagné à ne pas être assortie de ce visuel, subtil hommage au vibromasseur :

Capture d’écran 2013-03-27 à 16.30.41

A., fervent supporter rennais, était dans le stade ce 8 mars et l’ambiance féminine ne lui a pas déplu, loin de là.

« Selon les interprétations, le Stade Rennais aurait raté sa communication. Ok. L’objectif ? Attirer les femmes pour remplir le stade de la Route de Lorient lors d’un match important, à une époque difficile en termes de fréquentation du public. Fin de la polémique, place au terrain.

J’étais donc au stade pour le match le plus sexiste de l’année. Rennes recevait Saint Etienne. Belle affiche, beau match et, surtout, autre ambiance… L’opération parait réussie. Le public, et plus précisément les femmes, avaient répondu présent. Entre copines, avec les enfants, en couple (dont l’homme, dans bien des cas, avait sorti le déguisement complet du supporter pour épater sa belle), de nombreuses femmes étaient venues apporter une touche de bonne humeur à un stade qui en a bien besoin.

Le club aime communiquer, que ce soit sur son identité bretonne ou sur son investissement ponctuel en termes de mixité et de parité dans le sport. Miss Blue, une DJ finistérienne vêtue d’une robe aux couleurs du drapeau armoricain et convoquée pour l’occasion, tentait d’ambiancer la foule sur des airs celtiques et les jeunes joueuses de clubs de la région participaient au tournoi Orange, traditionnellement réservé aux jeunes garçons.

Habitué des travées d’un stade pas forcément réputé pour son ambiance chaude et passionnée, je dois dire que j’ai vécu un match particulier. Concrètement, autour de moi, le vieux con aigri et ses acolytes, qui critiquent à tout va chaque joueur rennais présent sur le terrain à grands coups de « trop payés », « des vraies chèvres ! », « cours plus vite fainéant », avait laissé place à des voix de jeunes femmes qui prenaient à cœur leur rôle de supportrices de l’équipe. Supporter habitué aux ambiances masculines et très à l’aise dans l’environnement traditionnel du stade, je dois dire que j’ai senti une atmosphère différente très plaisante, un nouveau souffle jeune, motivé, intéressé et surtout supporter dans sa dimension la plus noble. Alors on peut reprocher à ces dames de ne pas avoir l’analyse tactique ou technique d’un vieux briscard des terrains, mais leur apport positif sur la rencontre a permis à des personnes pas plus féministes que ça (dont je me fais modestement l’écho ici) de se rendre compte du bénéfice de ce nouveau public pour un club comme Rennes, et pour le football en général.

Si, le temps d’un match, la testostérone a laissé à la gente féminine une place dans un univers qui lui est encore très réservé, j’ose espérer que certaines des présentes auront apprécié l’expérience au point de revenir chanter et aider les supporters les plus fidèles à enflammer le stade. »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s