Hé ben, c’est pas gagné…

L’autre jour, j’étais à la présentation du Tour de France 2013 pour le boulot…

(J’arrête tout de suite ceux qui s’inquiéteraient pour moi. Pour des raisons que j’ai expliquées sur mon autre blog, celui sur lequel j’essaye avec plus ou mois d’assiduité de raconter ma vie de journaliste sportif/sportive/de sport (je n’ai pas encore choisi quelle appellation je préfère), j’ADORE le cyclisme et interviewer Richard Virenque figurait en tête de liste de mes objectifs professionnels.)

Bref, l’autre jour, j’étais à la présentation du Tour de France 2013 pour le boulot. Après avoir suivi avec application les discours et le tracé, je me dirige vers la petite salle en coulisse où étaient organisées les interviews, mon carnet dans une main et mon dictaphone dans l’autre.  Et là je croise un vieux monsieur (genre vraiment vieux, en mode « j’ai eu ma carte de presse en 1951 mademoiselle ») qui me demande « vous avez bien votre carnet d’autographes ? ».

Mon carnet d’autographes ?!

Donc je réponds gentiment au monsieur que je suis journaliste et que non, ça n’est pas mon carnet d’autographe mais un carnet de notes pour pouvoir faire mon TRAVAIL.

Il était tout confus, genre « ah bon, hé bien… désolé de vous avoir prise pour une fan… Mais vous connaissez le cyclisme ? Et vous allez à Saint-Cloud le weekend pour qu’on vous explique ? ».

Compte tenu du grand âge du monsieur – assez sympathique d’ailleurs passer le choc initial de découvrir qu’aujourd’hui des femmes font le même métier que lui -, j’ai décidé de ne pas me formaliser. Mais tout de même…

Force est de constater que, télés mises à part, nous n’étions pas beaucoup de femmes ce jour là (et encore moins quand j’assiste aux conférence de l’équipe de France de football) et que nous déclenchons souvent ce genre de réactions surprises. Et pas seulement chez les dinosaures du journalisme.

J’ai beau m’y confronter au quotidien, j’ai toujours du mal à croire que le sport reste l’un des rares domaines vraiment genrés dans notre société. Rien, strictement rien d’autre que l’éducation n’explique que les garçons aiment le sport et pas les filles.

Gamine, quand on s’installait devant le Tour de France, mes grands-pères ne m’ont jamais dit « qu’est-ce que tu fais là, t’es pas un garçon ? ». Mes frères, mon cousin, ma cousine et moi avons eu le droit aux mêmes explications. Au final, mes frères et moi aimons le sport, mon cousin et ma cousine beaucoup moins.  Garçons 50-Filles 50. C’est aussi simple que ça.

Si j’ai choisi de faire du journalisme sportif mon métier, c’est certes parce que j’aime le sport et qu’être payé pour regarder ce qu’on aime, c’est quand même pas mal cool, mais aussi parce que je crois qu’il est temps qu’on arrête de faire du sport un truc fait par des mecs pour des mecs, avec vocabulaire jargonnant et blagues graveleuses sur les tenues de joueuses de beach-volley.

A l’occasion, mes copines arrivent aussi à apprécier un match de foot commenté par mes soins, même si je suis bien obligée d’admettre qu’elles sont probablement plus intéressées par le physique de Yoann Gourcuff que les subtilités du jeu de passe espagnol. Enfin, vu les conversations de mes collègues sur le physique de Lindsey Vonn, je me dis que le plaisir de se rincer l’oeil lui non plus n’est pas uniquement féminin…

R.

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